Brave Valentin

 A quoi bon vouloir se plaindre de la malbouffe. Qu’il s’agisse du poulet désinfecté au chlore ou de la viande à la dioxine, les scandales alimentaires  se banalisent à force de répétition. La foi néo-libérale dans le libre-échange ne s’accoquine guère des états d’âme des consommateurs. Habitués à l’insipide fadeur des aliments industriels, nous pensions néanmoins être à l’abri des dérives de l’agro-alimentaire. Et voilà, qu’on nous apprend que le tube de mayonnaise contiendrait de l’huile-moteur ! Dans un monde où l’absurde sert trop souvent d’étalonnage aux règles du commerce, les producteurs suisses peuvent se mettre à trembler. Une infime trace de pesticide sur un fruit, une vache de trop dans l’écurie, et voilà la potence promise pour les malheureux perturbateurs du nouvel ordre alimentaire. Etouffant sous les normes, les prix et les méandres législatifs que leur imposent leurs acheteurs, nos paysans tentent de valser maladroitement avec les grands de ce monde. Bruxelles ou l’OMC tiennent la baguette. Constatant que nos danseurs étaient trop nombreux et un brin folklorique, Mme Leuthard s’est engagée à libérer au plus vite la piste de dance. En ce jour de Saint Valentin, quoi de plus normal que d’adresser  une pensée émue à notre charmante ministre. Cocus mais joyeux, voici un statut qui convient assurément  aux Valentins des  champs!

 

                                               Gérard Constantin